Structure

Le quốc ngữ suit les mêmes principes que le pinyin : la transcription est phonologique et non phonétique ; la notation alphabétique d'une langue isolante comme le vietnamien dissimule certains faits inhérents à la structure syllabique de la langue : les phonèmes, en effet, ne sont pas en distribution libre ; chaque élément de la syllabe, attaque, noyau et coda, ne peut être occupé que par certains phonèmes. Présenter le quốc ngữ de manière alphabétique nécessite donc d'indiquer quelles positions chaque phonème peut représenter. Pour plus de détails, consulter l'article «  prononciation du vietnamien ».

Alphabet latin phonémique

Voyelles
Les 5 voyelles de base de l’alphabet latin sont utilisées (A/a, E/e, I/i, O/o, U/u) ainsi que le Y/y qui prend la même valeur phonémique que le I/i.
Pour compléter les distinctions phonologiques, des diacritiques sont nécessaires (aucun diagramme n’est utilisé pour transcrire les voyelles, sauf pour former des diphtongues étrangères). Les diacritiques fondamentaux utilisés dans l’alphabet concernent principalement les voyelles A/a, E/e, O/o, U/u, ainsi modifiées pour ajouter 6 autres voyelles phonémiques :

  • la brève ne se trouve que sur Ă/ă et marque le caractère ouvert (le A/a normal est fermé et se prononce donc comme le Â/â français, au contraire du O/o et du E/e normaux qui sont ouverts) ;
  • l’accent circonflexe sur Â/â, Ê/ê et Ô/ô marque le caractère mi-fermé (c'est une influence directe de l'orthographe portugaise) ;
  • la corne sur Ơ/ơ et Ư/ư marque le caractère non arrondi (mi-ouvert).

Les valeurs phonologiques sont indiquées en API dans la table ci-dessous (classée par ordre de lieu de vocalisation et de proximité phonétique) des voyelles transcrites dans l’alphabet de base.

Lettre

Valeur

Position syllabique

attaque

noyau

coda

i

/i/

 

X

 

y

/i/

 

X

 

ê

/e/

 

X

 

e

/ɛ/

 

X

 

ư

/ɯ/

 

X

 

u

/u/

 

X

 

Lettre

Valeur

Position syllabique

attaque

noyau

coda

ô

/o/

 

X

 

ơ

/ɤ/

 

X

 

o

/ɔ/

 

X

 

ă

/a/

 

X

 

â

/ɐ/

 

X

 

a

/ɑ/

 

X

 

À ces trois diacritiques s’ajoutent un des diacritiques de ton qui peuvent compléter, hors de l’alphabet latin phonémique de base (voir ci-dessous), chacune des 12 voyelles phonémiques ainsi transcrites (avec ou sans les diacritiques vocaliques ci-dessus).

Consonnes 

Le quốc ngữ utilise les consonnes de l’alphabet latin usuel, sans les lettres F/f, J/j, W/w et Z/z (qui peuvent être rencontrées toutefois dans des mots étrangers importés comme les noms propres).

Quand la consonne Q/q est suivie de la voyelle U/u avant une autre voyelle, la première voyelle est modificative, mais la consonne ne se prononce pas sans elle ; cette dernière n’est pas toujours transcrite, et donc le digramme Qu/qu est équivalent phonologiquement à la consonne Q/q employée seule.

Pour compléter la transcription phonémique des consonnes phonologiques, des digrammes sont généralement utilisés : Ch/ch, Gi/gi, Kh/kh, Nh/nh, Ng/ng, Ph/ph, Th/th, Tr/tr.

La consonne représentée par le digramme Gi/gi (à la manière de notre digramme ge dans geôle, qui ne représente que « g doux » devant a, o et u) ne peut pas être utilisée pour transcrire une syllabe dans laquelle cette consonne doit être prononcée avant le voyelle I/i ; à la place, la consonne D/d est utilisée. Une seule lettre nécessite un diacritique : la barre inscrite du Đ/đ (lettre à ne pas confondre avec le edh Ð/ð germanique). Ce digramme figure dans l’alphabet traditionnel quốc ngữ en tant que lettre distincte.

De plus, pour éviter l’interprétation de la succession de la consonne représentée par G/g suivie de la voyelle I/i comme s’il était le digramme de la consonne représentée par Gi/gi, le digramme Gh/gh est ajouté pour représenter alternativement la consonne G/g : ce digramme Gh/gh allographe contextuel a alors la même valeur phonémique que le G/g devant les autres voyelles. Ce digramme contextuel ne figure pas en tant que lettre distincte dans l’alphabet traditionnel.

De même, pour éviter l’interprétation (en milieu de mot uniquement) de la succession de la consonne représentée par Ng/ng suivie de la voyelle I/i comme s’il était la succession de la consonne N/n finale d‘une syllabe et du digramme de la consonne d’attaque de la syllabe suivante représentée par Gi/gi, le trigramme allographe Ngh/ngh est ajouté pour représenter alternativement la consonne Ng/ng : ce digramme Ngh/ngh' allographe contextuel a alors la même valeur phonémique que le Ng/ng devant les autres voyelles (on ne peut pas interpréter ce trigramme comme une consonne N/n de fin de syllabe suivi du drigramme de la consonne Gh/gh débutant la consonne suivante, et le trigramme Ngh/ngh ne se trouve pas en fin de mot). Ce trigramme contextuel ne figure pas en tant que lettre distincte dans l’alphabet traditionnel.

Les valeurs phonologiques dans la table ci-dessous (classée par ordre de lieu d'articulation et de proximité phonétique) sont indiquées en API. Quand deux valeurs sont fournies, la première est celle du vietnamien du Nord, la seconde celle du Sud. Comme il existe de nombreuses variations dialectales, ces valeurs sont les plus communément admises pour leur réalisation phonétique.

Lettre

Valeur

Position syllabique

attaque

noyau

coda

m

/m/

X

 

X

b

/ɓ/

X

 

 

p

/p/

 

 

X

v

/v/ ou /vʲ/

X

 

 

ph

/f/

X

 

 

n

/n/

X

 

X

nh

/ɲ/

X

 

X

ng, ngh

/ŋ/

X

 

X

g, gh

/ɣ/

X

 

X

q(u)

/kʷ/, /gʷ/

X

 

 

k

/k/

X

 

 

c

/k/

X

 

X

ch

/c/

X

 

X

Lettre

Valeur

Position syllabique

attaque

noyau

coda

tr

/c/, /ʈ/

X

 

 

kh

/x/

X

 

 

đ

/ɗ̺/

X

 

 

t

/t/

X

 

X

th

/tʰ/

X

 

 

d

/z/, /j/

X

 

 

gi

/z/, /j/

X

 

 

r

/z/, /ʒ/

X

 

 

s

/s/, /ʃ/

X

 

 

x

/s/

X

 

 

l

/l/

X

 

 

h

/ɦ/, /h/

X

 

 

Ordre alphabétique 

On compte 37 graphèmes (29 lettres et 8 digrammes) dans l’ordre traditionnel, qui tient compte des digrammes phonémiques (mais en ignorant les h contextuels dans le trigramme Ngh/ngh ou le digramme Gh/gh) ; les 4 lettres latines supplémentaires F/f, J/j, W/w, Z/z importées des langues étrangères se classent en principe à la fin :

A/a, Ă/ă, Â/â, B/b, C/c, Ch/ch, D/d, Đ/đ, E/e, Ê/ê, G/g, Gi/gi, H/h, I/i, K/k, Kh/kh, L/l, M/m, N/n, Ng/ng, Nh/nh, O/o, Ô/ô, Ơ/ơ, P/p, Ph/ph, Q/q, R/r, S/s, T/t, Th/th, Tr/tr, U/u, Ư/ư, V/v, X/x, Y/y, [F/f], [J/j], [W/w], [Z/z]

Des variantes modifient légèrement cet ordre de tri traditionnel pour prendre en compte le digramme contextuel Gh/gh et et trigramme contextuel Ngh/ngh, afin de les grouper avec les graphèmes traditionnels en tant que différences mineures :

A/a, Ă/ă, Â/â, B/b, C/c, Ch/ch, D/d, Đ/đ, E/e, Ê/ê, (G, Gh)/(g, gh), Gi/gi, H/h, I/i, K/k, Kh/kh, L/l, M/m, N/n, (Ng, Ngh)/(ng, ngh), Nh/nh, O/o, Ô/ô, Ơ/ơ, P/p, Ph/ph, Q/q, R/r, S/s, T/t, Th/th, Tr/tr, U/u, Ư/ư, V/v, X/x, Y/y, [F/f], [J/j], [W/w], [Z/z]

Dans l’ordre alphabétique moderne le plus utilisé aujourd’hui, les 8 digrammes traditionnels (ainsi que les 2 digrammes/trigrammes contextuels) ne sont plus traités comme des graphèmes séparés, et l’alphabet moderne intercale les 4 lettres latines de base importées (l’alphabet traditionnel se réduisant alors aux 29 lettres simples) dans un total de 33 lettres simples :

A/a, Ă/ă, Â/â, B/b, C/c, D/d, Đ/đ, E/e, Ê/ê, [F/f], G/g, H/h, I/i, [J/j], K/k, L/l, M/m, N/n, O/o, Ô/ô, Ơ/ơ, P/p, Q/q, R/r, S/s, T/t, U/u, Ư/ư, V/v, [W/w], X/x, Y/y, [Z/z]

Les différences de casse entre lettres, ainsi que celles des diacritiques de tons (voir ci-dessous) pour les voyelles, ne sont normalement pas prises en compte au niveau primaire du tri dans tous ces alphabets, mais le sont à des niveaux différents. Les tons étant phonologiquement plus importants que la casse, les différences de tons sont classées au niveau secondaire (comme aussi les accents des langues européennes) avant les différences de casse considérées alors comme plus mineures.

Une variante existe dans certaines applications (qui utilisent généralement l'alphabet moderne et non l'alphabet traditionnel) qui classent les différences de casse au niveau primaire (avant les différences de lettres puis de tons), rompant alors l'unicité de l'alphabet bicaméral en deux alphabets distincts successifs ; cet usage n’est pas recommandé linguistiquement (notamment quand les différences de casse sont signifiantes dans les noms propres si ceux-ci sont nombreux, par exemple dans un annuaire téléphonique).

Diacritiques pour les tons

Le vietnamien standard possède six tons, lesquels sont notés dans l'écriture au moyen de cinq diacritiques (le ton moyen plat étant représenté par l’absence de signe diacritique), l’accent grave, le crochet en chef, le tilde, l’accent aigu et le point souscrit. Ces diacritiques s’ajoutent à ceux que portent, le cas échéant, les 12 voyelles phonémiques, pour former un total de 72 (12 × 6) voyelles transcriptibles.

Les tons du vietnamien sont décrits en détail dans l'article Prononciation du vietnamien.

Tons

Exemples

Registre

Modulation

Diacritique

Ton vietnamien

Mot vietnamien

Signification

haut

montant

accent aigu

sắc

avoir

montant glottalisé

tilde

ngã

mỹ

américain

moyen

traînant

(aucun)

ngang

gai

épine

tombant-montant

crochet en chef

hỏi

hưởng

apprécier

bas

traînant

accent grave

huyền

trà

thé

tombant glottalisé

point souscrit

nặng

lại

venir

Sources: wikipédie